Ce qu'un toit montréalais produit réellement
Ressources naturelles Canada évalue le potentiel photovoltaïque de Montréal à 1 190 kilowattheures par année pour chaque kilowatt de puissance installée à l'inclinaison optimale. Sur cette base, une installation de 6 kilowatts, une taille résidentielle courante, atteint un peu plus de 7 000 kilowattheures par année. Votre propre toit s'écarte de ce chiffre pour des raisons ordinaires : l'inclinaison et l'orientation, l'ombrage des bâtiments voisins et des arbres matures, et le temps que la neige reste sur le verre pendant un hiver montréalais. Un versant orienté plein sud avec un horizon dégagé se situera près du chiffre publié. Un versant nord n'en approchera pas, et les versants est ou ouest se situent entre les deux.
Ce que vaut chacun de ces kilowattheures est fixé par le tarif D, le tarif résidentiel. C'est un tarif par tranches plutôt qu'un tarif selon l'heure de consommation : la première tranche de consommation quotidienne est facturée 7,065 cents le kilowattheure en avril 2026, et la consommation au-delà de cette tranche est facturée à un prix plus élevé. Comme la facturation résidentielle québécoise ne comporte aucune composante horaire, le conseil habituel de faire tourner le lave-vaisselle après vingt et une heures ne s'applique pas ici. Il n'y a pas d'heures de pointe à éviter.
Cette structure par tranches joue en votre faveur d'une manière précise. Le solaire réduit le total que vous soutirez du réseau, et la réduction s'applique au sommet de votre consommation, soit la portion facturée dans la tranche la plus chère. Les premiers kilowattheures qu'une installation déplace sont donc les plus coûteux.
Qui contrôle réellement le toit à Montréal
Le parc de logements montréalais est dominé par les immeubles à logements multiples. Seulement 7,1 % des logements sont des maisons individuelles dont un seul ménage possède le toit. 56,9 % sont des logements de faible hauteur, souvent des plex où le toit est partagé entre plusieurs copropriétaires ou appartient à un propriétaire unique. 13,2 % sont des duplex, et 16 % des logements se trouvent dans des tours d'habitation.
L'effet concret est qu'un projet solaire montréalais est un problème de décision avant d'être un problème d'ingénierie. Dans un plex, le toit est habituellement une partie commune au sens de la déclaration de copropriété : une installation exige donc l'accord des autres copropriétaires, et quelqu'un doit décider quel compteur elle alimente. La proportion de duplex compte pour la même raison, puisqu'une installation sur toit se raccorde normalement à un seul compteur et compense donc la consommation d'un seul ménage plutôt que celle de l'immeuble. Dans une tour, le solaire sur toit est un projet d'immeuble au service des parties communes, et non quelque chose qu'un copropriétaire peut mettre en place pour sa propre facture.
Si vous possédez l'une des maisons individuelles, la marche à suivre est simple et vous pouvez passer directement aux soumissions. Sinon, réglez d'abord la question de la propriété, car elle détermine si vous achetez une installation pour vous-même ou si vous en proposez une à un immeuble. Obtenir trois soumissions pour un toit que vous ne pouvez pas engager est une perte de temps pour tout le monde.
C'est votre arrondissement qui écrit les règles de zonage
Montréal n'a pas de règlement de zonage unique à l'échelle de la ville. Chacun de ses 19 arrondissements adopte et applique son propre règlement d'urbanisme : la règle qui détermine si des panneaux sont permis sur votre toit, et à quel endroit ils peuvent se trouver, est donc un document d'arrondissement et non municipal. Le Plateau-Mont-Royal, par exemple, applique le règlement 01-277, qui encadre la hauteur, la densité et l'apparence des bâtiments et tient sa propre liste de bâtiments et de secteurs d'intérêt patrimonial.
Deux conséquences en découlent. D'abord, une réponse obtenue d'un voisin, ou d'un entrepreneur qui travaille surtout dans un autre arrondissement, peut être franchement fausse pour votre adresse, parce qu'elle vient d'un autre règlement. Ensuite, si votre bâtiment ou votre secteur figure sur une liste d'intérêt patrimonial, l'apparence extérieure devient une matière réglementée, et une installation visible depuis la rue est par définition une question d'apparence.
Trouvez donc votre arrondissement, puis son règlement d'urbanisme, et posez-lui deux questions : les panneaux sont-ils permis sur le versant qui donne sur la rue, et votre bâtiment ou votre secteur porte-t-il une désignation patrimoniale ? À elles deux, ces réponses règlent le sort de la plupart des toits montréalais avant qu'un installateur ait monté une échelle.
La demande à Hydro-Québec sous l'option d'autoproduction
Le solaire raccordé au réseau à Montréal passe par l'option d'autoproduction d'Hydro-Québec, l'entente de mesurage net de la province. Ce n'est pas vous qui déposez la demande. Un maître électricien membre de la CMEQ soumet la demande d'installation en votre nom, et Hydro-Québec évalue ensuite si le réseau local a la capacité d'accueillir votre production avant de délivrer une acceptation conditionnelle. L'approbation n'est pas automatique, et elle dépend du circuit auquel votre maison est raccordée plutôt que de la province en général.
L'autoproduction est plafonnée à 1 000 kilowatts, bien au-delà de ce qu'une maison installerait, si bien que le plafond n'est pas une contrainte résidentielle. Ce que le processus contraint, c'est votre échéancier. L'évaluation du réseau et l'acceptation conditionnelle s'intercalent entre un contrat signé et une installation autorisée à exporter : intégrez-les au calendrier au lieu de présumer que la date d'installation est la date de départ.
C'est une raison de donner du poids à l'expérience de l'installateur plutôt qu'au seul prix. L'exigence du maître électricien de la CMEQ n'est pas une formalité que l'on peut contourner, et un entrepreneur qui a déjà mené des projets dans l'option d'autoproduction saura ce qu'Hydro-Québec demande, et dans quel ordre.
La banque de surplus et sa remise à zéro aux 24 mois
Hydro-Québec crédite les exportations à parts égales, en kilowattheures plutôt qu'en dollars. Le surplus entre dans une banque de surplus et est déduit de la consommation ultérieure, ce qui permet à un surplus de juillet de servir contre une facture de février. Comme le crédit est libellé en énergie, il conserve sa valeur par rapport au tarif au lieu d'être figé au prix du jour où vous avez exporté.
L'élément qui devrait changer votre façon de dimensionner l'installation, c'est la remise à zéro. La banque est vidée tous les 24 mois, le 31 mars de chaque année paire. Un solde positif qui s'y trouve à ce moment n'est pas reporté : il est réglé au coût moyen d'approvisionnement d'Hydro-Québec, nettement inférieur au prix de détail que vous payez pour le même kilowattheure. L'entente ne peut pas non plus produire une facture négative, si bien qu'il n'existe aucune configuration où le distributeur finit l'année en vous devant de l'argent.
La conclusion est brutale, et c'est le fait le plus déterminant dont dispose un propriétaire québécois. Dimensionnez l'installation en fonction de votre propre consommation, et non de la surface de toit disponible. Un kilowattheure que vous produisez et consommez vous-même vaut le plein tarif de détail. Un kilowattheure que vous mettez en banque sans jamais l'utiliser vaut beaucoup moins, et à la date de remise à zéro il ne vaut rien. Ici, une installation surdimensionnée n'accumule pas un paiement, elle accumule un solde qui expire.
Subventions et financement réellement offerts au Québec
Le programme LogisVert d'Hydro-Québec verse une subvention solaire résidentielle de 1 000 $ par kilowatt de puissance installée, plafonnée à 40 % des coûts admissibles du projet, ce qu'Hydro-Québec chiffre habituellement entre 5 000 $ et 6 000 $ pour une installation résidentielle. L'installation doit être achevée le 30 juin 2025 ou après, et vous disposez de 9 mois à compter de la date d'installation pour faire votre demande dans le portail LogisVert. Ce délai court à partir de l'installation, et non du moment où vous vous mettez à la paperasse : inscrivez donc la demande au plan de projet.
Hydro-Québec projette elle-même que la subvention fait passer un retour sur investissement résidentiel typique de 25 à 30 ans à environ 10 à 12 ans. Lisez cela comme la modélisation de l'administrateur du programme plutôt que comme un chiffre valable pour votre toit. Le vôtre dépend de votre consommation, de votre orientation et de votre ombrage, et de ce que vous payez réellement pour l'installation.
Au fédéral, il reste moins de choses qu'avant. Le Prêt canadien pour des maisons plus vertes, qui offrait un emprunt sans intérêt jusqu'à 40 000 $, a cessé d'accepter de nouvelles demandes le 2 octobre 2025, et seuls les prêts approuvés avant cette date sont encore financés. Son remplaçant, le Programme canadien pour des maisons plus vertes abordables, lancé en septembre 2025, offre des rénovations sans frais par l'intermédiaire de partenaires provinciaux aux ménages à revenu faible ou moyen. Le solaire y est admissible au fédéral, mais chaque province établit sa propre liste de technologies, si bien que l'inclusion n'est pas automatique. Le Canada n'a aucun crédit d'impôt fédéral à l'investissement pour le solaire résidentiel.